MERS-LES-BAINS

          Depuis la charte de 1036 donnée par Robert, Comte d'Eu, les Mersois ont le droit de faire paître leurs animaux sur une pâture située entre le havre du Tréport et le village de Mers.

          Dès 1101, ce vaste espace est un enjeu entre les usagers mersois et les propriétaires successifs (comté d'Eu, abbaye de Saint-Michel du Tréport) ; la charte de 1110 confirme les droits mersois ; en 1544, l'abbaye du Tréport accorde définitivement la jouissance du terrain aux habitants du village ; en août 1788, les Mersois réaffirment leurs droits que la Révolution entérine.

          Louis-Philippe souhaite créer un port de plaisance et une nouvelle ville de villégiature au pied de son château d'Eu ; le Tréport étant saturé, c'est sur la prairie de Mers que le projet est envisagé.

 

La Station

 

Trois périodes :

  • échelonnée de 1809 jusqu'à 1850 une frange lotie proche de la mer s'étend vers la falaise, la rue Jules Barni, puis partant du village se développe au sud de la prairie à l'opposée de la mer.
  • une seconde période, débutant en 1862, démarre avec la pointe nord de l'esplanade et voit lotir le front de mer jusqu'à la rue Buzeaux.
  • La grande urbanisation s'effectue vers le sud de 1880 à 1896, et principalement au-delà du Casino ; en 1900, on achève de lotir l'avenue du Maréchal Foch.

 

L'architecture de la station

 

          Les trois grandes périodes de développement localisent une évolution architecturale. Elle conduit de "l'Anglo-Flamand" à "l'Art Nouveau". Ce parcours s'effectue sur l'axe qui conduit de la tradition à la mode ; cheminement que suit à la fois la clientèle des bains de mer et plus généralement le mouvement des styles architecturaux.

          Dans un premier temps, un style simple où la brique sans décor domine ; de rares balcons en fonte, des lucarnes de comble à la Mansart sont les seuls ornements. Puis une période où l'architecture touristique associée à l'influence anglaise se fait sentir dans la diversité de leurs programmes : villas résidentielles avec bow-windows et loggias, hôtels à la masse imposante. Enfin, dans sa période de gloire, la villa mersoise se dote d'un décor abondant où les réminiscences historiques et l'invention florale de l'Art Nouveau semblent se faire concurrence.

 

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